L’APPLICATION AU TRAITEMENT DE LA PIERRE

L’idée d’appliquer le processus bactérien de fabrication de calcite à la protection des pierres en œuvre est venue de l’expérience très ancienne et empirique des ouvriers des carrières. Ils savaient qu’ils devaient faire «sécher» les pierres fraîchement sorties de banc avant de les livrer à la construction.

Ils les conservaient telles quelles, soumises aux intempéries durant plusieurs mois, voire quelques années. Pendant ce laps de temps, la pierre créait un épiderme protecteur : la carbonatogénèse bactérienne a dû intervenir, stimulée par une flore calcifiante, intrinsèque, issue des micro-fissures de la pierre.
 

Ce processus biologique faisait naître le calcium protecteur comme cela s’était produit lors de la genèse de la roche.


Le traitement de la pierre se déroule en deux étapes :

: l’ensemencement de la pierre le premier jour.
: le nourrissage les trois jours suivants.

L’ensemencement de la pierre consiste en une pulvérisation d’un bouillon bactérien concentré à micro-organismes au litre en phase exponentielle de croissance.

Le nourrissage est réalisé par pulvérisation d’un liquide nutritif qui va exciter leur fonction métabolique et parvenir à une précipitation optimale de carbonate de calcium. Le traitement produit de la biocalcite qui forme un réseau cristallin (de quelques microns) protecteur identique à celui du matériau d’origine et qui évolue en parfaite harmonie avec celui-ci.











On peut estimer que cette protection a une durée de vie d’une dizaine d’années, voire plus, en fonction de l'exposition des surfaces aux intempéries.
 


La première expérimentation en vraie grandeur de ce procédé a été effectuée sur l’Eglise Saint-Médard de Thouars (classée monument historique) dans les Deux-Sèvres, en 1993.

Pendant plusieurs années, des campagnes de suivi ont été menées sous le contrôle du L.R.M.H. (mesures d’absorption d’eau, colorimétrie, épaisseur du calcium néoformé) et ont permis de constater les effets de protection. En effet, les mesures d’absorption d’eau permettent de calculer un pourcentage de la diminution de la perméabilité de la pierre, ce qui est un des critères de quantification de l’efficacité du traitement.
Aujourd’hui, même si on observe une dégressivité normale huit ans après le traitement, on peut constater que la présence du biocalcin diminue encore la perméabilité de la pierre d'un maximum de 50%.

 

Ci-dessous : les sphères de cristobalite
sont dégagées de la gangue de carbonate.

 

Ci-dessous : le voile de biocalcite apparaît nettement reliant les sphères de cristobalite.

 

Ci-dessus :La porosité est comblée par les corps bactériens calcifiés sans toutefois obstruer la totalité des micropores permettant au tuffeau de continuer de respirer.